Fondation François Sommer, Paris
J’ai eu l’honneur cette année de faire partie du jury du prix littéraire François Sommer. Hier avait lieu la cérémonie de remise du prix à la lauréate 2026, Valentine Goby, pour son roman « Le Palmier ».
« Vive est une enfant dont la jeunesse se déploie à l’ombre des grands arbres du jardin familial, dans l’attente des essences exotiques que son parfumeur de père rapporte de ses lointains voyages, et en écho aux mots nouveaux qu’elle consigne dans son carnet pour apprivoiser le monde qui l’entoure. Un univers merveilleux peu à peu teinté d’angoisses dont Vive va tenter de saisir l’origine en archéologue de sa propre existence. Afin de comprendre la signification de l’image obsédante qui ouvre le livre et signe la fi n de l’innocence – le palmier mort -, elle va défroisser les plis de sa mémoire et reconstituer le puzzle des souvenirs. »
Une œuvre sensible, phénoménologique même, où l’intrigue se fait kaléidoscopique, mêlant conte initiatique et roman policier. Le tout est servi par une plume autrement affûtée, et dit beaucoup de la disjonction qu’il peut y avoir entre la fraîcheur spontanée d’une enfant viscéralement attachée au fourmillement de vie qui l’entoure, et le surplomb d’un monde d’adultes infaillible mais défaillant, qui ne « prend pas le temps », aveuglé qu’il est par ses propres impératifs.
Un livre qui compte, parce qu’il nous invite à réapprendre l’observation et la curiosité et à repenser nos catégories de nature et de culture.

